Brigandage

 Depuis l'agression, Marc doit régulièrement se rendre à l'hôpital pour des contrôles. (info: Tribune de Genève)

Depuis l'agression, Marc doit régulièrement se rendre à l'hôpital pour des contrôles. (info: Tribune de Genève)

«Il m’a visé avec le revolver et m’a dit: je vais te buter!»

Assis devant sa piscine, bronzé dans sa chemise jaune canari décorée de perroquets, il a l’allure d’un vacancier. Mais le visage entièrement tuméfié et la voix éraillée. Marc, 68 ans, a été violemment agressé chez lui, à Châtelaine, dans la nuit de mardi à mercredi, victime avec trois proches d’un home-jacking. Trois malfrats cagoulés n’ont pas hésité à les menacer et à les frapper pour vider un coffre-fort avant de s’enfuir.

La soirée de Marc, sa compagne, sa nièce et son compagnon s’était bien terminée. Leur nuit s’est transformée en cauchemar. «Vers 1 h 30, j’ai été réveillé par des bruits dans la chambre d’à côté. J’ai cru que les deux jeunes rigolaient, mais ça commençait à chauffer. A ce moment-là, la porte de notre chambre s’est ouverte et trois hommes ont surgi avec un revolver. J’ai piqué la rogne et j’ai foncé dans le tas», raconte le solide sexagénaire. Pas le genre à se laisser faire.

«On m’a étranglé»

Face à lui, trois hommes déterminés se déchaînent. Il reçoit des coups de crosse sur le crâne. L’un d’eux pointe un revolver sur son visage. «Il m’a visé et m’a dit: je vais te buter! Je me suis débattu. On m’a étranglé avec une bande en plastique. J’ai failli perdre connaissance. J’ai pu me défendre en donnant un grand coup de pied.» Sa compagne s’interpose et prend aussi des coups, notamment au visage.

«Ils voulaient le coffre-fort. Ils étaient bien renseignés», pense Marc. Le Genevois s’exécute et ouvre le coffre. «Ils m’ont piqué deux montres, des babioles et de l’argent dans le porte-monnaie.» Pas assez pour eux. «J’ai reçu une baffe. Ils m’ont dit: on n’est pas venu ici pour rien!»

Le calvaire dure depuis quinze ou vingt minutes, lorsque, par chance, des sirènes de la police retentissent au loin et font déguerpir les agresseurs. Ces hommes, parlant français, sont toujours en fuite.

Avec ses deux dents fendues, son nez et ses cotes cassées, son larynx écrasé, Marc est emmené à l’hôpital, comme son épouse et l’ami de sa nièce. Costaud mais de santé fragile, Marc sait qu’il a eu beaucoup de chance. «En 40 ans de vie ici, j’ai été cambriolé pas loin d’une vingtaine de fois, mais les cambrioleurs ne sont jamais venus au contact.» Ce qui le choque aujourd’hui, c’est la violence de l’acte. «Je témoigne pour avertir la population que des bandits n’hésitent plus à s’introduire dans des propriétés en étant armés».

«Personne n’est à l’abri»

Son avocat, Me Claude Aberle, le relève aussi: «C’est un brigandage avec séquestration d’une sauvagerie incroyable. Vu la manière dont mon client a été frappé sur la tête, il aurait pu y rester.» Et de s’étonner: «Cette maison n’attire pas le regard et on ne lui connaît pas d’ennemis. J’en tire la conclusion que personne n’est à l’abri aujourd’hui.»

La police genevoise confirme ce brigandage et précise que l’enquête est menée par la Brigade de répression du banditisme. (info: TDG)

Tony Micaletto